Editorial du président

president@afapl.asso.fr Par Michel ROSZEWITCH

APListes introuvables ou APListes cachés ?

L’une des questions permanentes que se pose notre association –et ses membres- est la pérennité du langage APL et donc le but de notre association. Le nombre de cotisations (juge de notre vivacité et seul moyen de notre survie) a baissé en 2000. Deux causes : la négligence de certains à se mettre à jour (mais il n’est pas trop tard pour bien faire : encore 6 semaines pour continuer à recevoir de nos nouvelles !), le trop faible nombre de nouveaux adhérents, qui assureront la relève et mettrons un peu de sang neuf à notre vénérable assemblée. N’ayez donc pas peur de faire du prosélytisme et d’attirer les jeunes programmeurs qui pourront découvrir le langage qui ne nous a jamais laissés indifférent, et qui pourra leur servir de botte secrète dans leur entreprise ou pour leur carrière. De plus, de nombreuses sociétés ou administrations utilisent pour leurs besoins propres notre langage. Ils seraient sans doute intéressés de se sentir un peu moins isolés et de voir qu’APL n’est pas seulement utilisé dans cette vieille chaîne de traitement, que personne n’a osé réécrire de peur de tout casser, et qui semble si opaque à tout un chacun !

A nous donc de débusquer les APListes cachés mais qui, j’en suis persuadé, sont encore autour de nous.

 

Les " Amateurs de l’Informatique "

Encore faut-il prendre conscience que faire de l’APL n’est pas simplement découvrir l’algorithme élégant (ah ! l’élégance dans la programmation …), qui permettra d’écrire en une ligne sans commentaire, ce qui en nécessiterait 10 en langage C ou Fortran.

Il y a 30 ans, l’informatique balbutiait à peine dans l’enseignement des ingénieurs de l’époque. Et nombre d’entre nous ont découvert l’APL pour faire de l’informatique sans peine, et sans apprendre réellement la programmation. Pour beaucoup, l’APL est devenu un outil pour " amateur de l’informatique " éclairé, ne désirant pas polluer le fond de leur activité par cette technique barbare.

Aujourd’hui, l’informatique est enseignée dans toutes les écoles, est présente dans les foyers de nombreux nourrissons et, de ce fait, aussi familière que la télévision ou le téléphone.

Celui qui ne souhaite pas " faire de l’informatique " a tout ce qu’il lui faut à sa disposition : du super-tableur, aux langages Visual XX, des Bases de Données aux logiciels spécialisés pour le dessin, le son, Internet, etc…

De mon point de vue, l’APL n’est plus destiné à ces "amateurs de l’informatique ", professionnels dans d’autres domaines, mais à certains professionnels de l’informatique qui trouvent, avec les systèmes APL (et pas simplement le strict langage), des outils d’une productivité réellement époustouflante dans certains domaines. Ils peuvent développer infiniment plus rapidement et efficacement des systèmes informatiques complexes qu’avec des langages plus classiques ou plus à la mode.

Ils utilisent l’APL sans le savoir

Et de fait, il y a dans le monde infiniment plus d’APListes inconscients que de programmeurs APL. Si ce n’était pas le cas, nous ne serions hélas plus là ! Il n’y aurait plus de sociétés développant l’APL. Il n’y aurait plus de programmeurs en APL.

Ce numéro est en grande partie consacré aux " APListes inconnus " puisque 3 articles font le lien avec les journées portes ouvertes du 13 décembre au cours desquelles nous assisterons à 3 communications de société commercialisant des produits entièrement écrits en APL. Chacun de ces produits est utilisé chaque jour par plusieurs centaines si ce n’est plusieurs milliers de personnes. Ce sont des produits rodés, opérationnels depuis plusieurs années, et qui nous donnent confiance dans les atouts que présente APL par rapport aux autres langages et systèmes.

Dans ce numéro également, deux visions personnelles du congrès de Berlin, qui nous font regretter de n’avoir pu accompagner nos deux guides, comment Microsoft n’est pas complètement au monde de l’APL, une intéressante communication sur les virus, un apport de haute tenue sur le système différentiel de Runge-Kutta, et la dernière communication de notre regretté Gérard Langlet.

Beaucoup de variété, donc, pour ce numéro d’automne, qui, je l’espère, répondra aux attentes de chacun.