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INTERVIEW

Catherine Trautmann
Commissaire générale de l’exposition, ancienne ministre de la Culture.

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IMAGES 2004 Comment définissez-vous votre fonction de Commissaire générale ?
Catherine Trautmann : Je suis responsable du programme de l’exposition. C’est un travail de proposition, de réflexion et de sélection avec la Semimages. Cette dernière est en charge de l’aménagement et de l’organisation tandis que ma mission est davantage tournée vers le contenu, la promotion de l’exposition, notamment sur le plan international.

Vous envisagez de mettre en place d’autres structures ?
C.T. : Une expo comme celle-là, montée dans des délais très courts, c’est un défi qui nécessite de pouvoir travailler avec beaucoup d’efficacité. C’est pourquoi un groupe permanent de quatre personnes, le président du directoire de la Sem, le directeur général de la Sem, le délégué interministériel et moi, constituera le noyau qui pourra traiter rapidement les problèmes du quotidien.

C’est ce noyau qui va décider, valider ?
C.T. : Il ne va pas décider tout seul, parce que c’est important que la mobilisation de tous les acteurs concernés soit bien prise en compte. C’est pourquoi un deuxième niveau de regroupement sera créé avec notamment le préfet de Région, le préfet de département, le président de la Seine-Saint-Denis, la Région Ile-de-France, la ville de Paris, l’association Images 2004 et l’établissement public Plaine de France. Ce groupe stratégique sera à la jonction de l’ensemble des porteurs du projet (collectivités, chambres de commerce, entreprises, acteurs locaux...) et de notre petite équipe. Il se réunira fréquemment et aura à se prononcer sur les décisions, les choix... Nous nous appuierons aussi sur un comité d’experts élargi par rapport à celui qui a déjà émis des propositions. Enfin, nous proposerons aux entreprises de se regrouper sous la forme d’un club pour qu’elles soient aussi parties prenantes.

Quelle place accordez-vous à l’association dans ce dispositif ?
C.T. : L’association, et c’est son succès, a permis à la France d’obtenir cette exposition. Il y a là un enthousiasme, une mobilisation qui sont extrêmement précieux pour que la population puisse continuer à bien s’approprier ce projet, pour que celui-ci puisse grandir en étant fidèle aux aspirations qui ont été exprimées au départ.

Et l’expo, vous l’imaginez comment ?
C.T. : Avec un tel sujet, on va évidemment chercher à surprendre, à donner un rythme avec des moments intenses, des moments de rupture, des moments d’émotion… Il ne s’agit pas de bombarder les gens avec des images mais de leur offrir une sorte de déambulation dans ce monde d’images. Mon objectif c’est qu’ils se sentent sollicités, que l’événement leur apporte beaucoup : de la réflexion, du jeu, du loisir, du plaisir, de la rencontre. Cela doit être un moment très fort où tous les points de vue pourront être présents.

Des plus ambitieux aux plus modestes ?
C.T. : On est à la fois ambitieux et modestes. Je souhaite que les pays viennent avec des choses assez exceptionnelles mais ce ne sont pas forcément des choses qui doivent coûter beaucoup d’argent. Il y a là un vrai enjeu : il faut que les pays en voie de développement puissent être présents. Les images, c’est tout le monde et pas seulement les pays riches qui peuvent imposer leur vision et, à travers ça, des standards de vie, des modes de consommation.

L’implication des acteurs locaux est aussi un enjeu mais tout le monde ne pourra pas être présent à l’expo...
C.T. : L’exposition sera un temps d’ébullition. Tout ce qui ne pourra pas y prendre place pourra être présent ailleurs, avant ou pendant. Il faut se laisser cette marge de liberté et jouer de toutes les possibilités.

Quelles retombées locales peut-on attendre si l’événement est un succès ?
C.T. : Il est indispensable que cette exposition ne soit pas simplement le temps d’un bonheur mais qu’elle contribue à un développement utile à la population, à travers notamment un large volet social et la pérennisation de certains équipements. Mon travail de Commissaire générale, c’est aussi de m’en soucier et d’y travailler.

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